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Sergueï Rachmaninov

Sergei Rachmaninov
1854, Oneg (au nord ouest de la Russie)
1943, Los Angeles (Etats-Unis)

Entré à douze ans au conservatoire de Moscou dans les classes de piano et de composition, il en sort en 1892 avec une médaille d'or pour son opéra Aleko. Il entame ensuite une brillante carrière de virtuose et sera reconnu comme l'un des plus grands pianistes de sont temps.

Dès 1892, il compose des pièces pour piano, un poème symphonique et de nombreuses mélodies, mais l'échec de sa première symphonie paralyse sa créativité pendant trois ans.

Le deuxième concerto pour piano composé en 1901 reste l'oeuvre la plus populaire.

Entre 1901 et 1917 il écrit de nombreuses pièces (sonates, variations, opéras, préludes et études pour piano).

S'inspirant du renouveau de la musique religieuse du XIXème siècle, il compose la Liturgie de Saint-Jean Chrysostome en 1910 et des Vêpres en 1915.

A partir de 1917, il émigre aux Etats-Unis, en France, en Suisse et finira ses jours aux Etats-Unis.

Attaché au système tonal, il est le dernier compositeur russe romantique.

5 dates

  • 1892 : composition de pièces pour piano, un poème symphonique, Le Rocher, et de nombreuses mélodies
  • 1897 : échec de sa première symphonie
  • 1901 : composition du 2ème concerto pour piano
  • 1907 : composition de sa 2ème symphonie
  • 1909 : composition du 3ème concerto pour piano

5 oeuvres vocales

  • Les eaux printanières, mélodie, 1896
  • Le Chevalier avare, opéra en trois scènes sur un texte de Pouchkine, 1903-1904
  • Liturgie de Saint Jean Chrysostome, cycle pour soliste et choeur, 1910
  • Les Cloches cantate sur un poème de Balmont, 1913
  • les Vêpres, pour choeur a capella, 1915

Edward Benjamin Britten

Benjamin Britten
Baron Britten of Aldeburgh
22 novembre 1913, Lowestoft, Royaume Uni
4 décembre 1976, Aldeburgh, Royaume-Uni


Dès l'âge de quatre ans, Benjamin Britten reçoit ses premières leçons de musique de sa mère, chanteuse et pianiste. Elle lui transmet sa passion de lire la littérature dans la langue d'origine des auteurs.
Au Royal College of Music il travaille la composition avec Frank Bridge qui lui donne une inextinguible curiosité musicale, puis avec John Ireland, et le piano avec A. Benjamin.

A dix neuf ans, il compose sa première oeuvre marquante : les Variations sur un thème de Frank Bridge. Puis il est engagé comme compositeur et directeur musical par la Documentary Cinema Company. Après son exil aux Etats-Unis entre 1939 et 1942 où il compose la pièce Illuminations, il compose Peter Grimes qui relance l'opéra anglais.

Sans doute le plus important et le mieux connu des compositeurs britanniques du XXe siècle, Benjamin Britten était aussi un chef d’orchestre, un altiste et un pianiste réputé. Sa musique instrumentale est riche par les alliages de timbres dont il sait faire preuve : son Guide de l’orchestre pour les jeunes (The Young Person's Guide to the Orchestra), ses Variations et Fugue sur un thème de Purcell figurent parmi les "classiques modernes" de la musique symphonique.

Mais c’est surtout comme maître absolu de l’art vocal, pour solistes ou choeur, qu’il est reconnu par ses pairs, tant sur le plan du répertoire religieux que profane. Ses opéras en langue anglaise, comme Peter Grimes, Le Tour d’écrou (The Turn of the Screw) ou Mort à Venise (Death in Venice) ont permis la continuation de la grande histoire de l'opéra anglais, un style que Purcell et Haendel avaient amené à une haute valeur. Britten a toujours su réserver une place importante dans son œuvre pour les jeunes interprètes et le jeune public : des opéras comme Le Petit Ramoneur (The Little Sweep) ou L’Arche de Noé (Noye's Fludde) sont des introductions formidables pour les jeunes à la musique et l’opéra.

5 dates

  • 1925, dès douze ans, il est remarqué par Franck BRIDGE, sans doute le compositeur anglais le plus moderne de son époque, qui lui donne des cours de composition.
  • 1937, ses Variations sur un thème de Franck Bridge (Variations on a Theme of Frank Bridge) furent créées triomphalement au festival de Salzbourg.
  • 1948, il crée le Festival annuel d'Aldeburgh, auquel il destina par la suite la plupart de ses oeuvres : Let's make an opera ! en 1949, Billy Budd en 1951, Gloriana en 1953, The Turn of the screw (Le Tour de l'Ecrou) en 1954, Noye's Fludde (l'Arche de Noé) en 1957, A Midsummer Night's Dream (Le Songe d'une nuit d'été) en 1960.
  • A partir de 1968, la maladie l'emporte doucement, le laissant malgré tout composer deux derniers ouvrages : Owen Wingrave en 1970 et Death in Venice (Mort à Venise) en 1973.
  • Il meurt à Aldeburgh le 4 décembre 1976. Au festival de cette année-là fut créé son ultime chef-d'oeuvre, Phaedra.

5 oeuvres vocales

  • Quatre chansons françaises, sur des poèmes de Hugo et Verlaine, "Dedicated to Mr and Mrs R. V. Britten on the twenty-seventh anniversary of their wedding, Sept 5th, 1928" (15 ans)
  • Les Illuminations, sur des poèmes de Rimbaud, pour voix aiguës et orchestre de chambre ("For high voice and string orchestra"), opus 18, 1939 (26 ans)
  • Peter Grimes, Opéra en trois actes et un prologue, opus 33 ; rencontre avec George Crabbe, poète d'Aldeburgh et créateur du personnage de Peter Grimes. Création au Sadler's Wells en 1945 (32 ans)
  • Noye’s Fludde (l'Arche de Noé), "The Chester miracle play" pour voix d'enfants et d'adultes, choeur d'enfants, ensemble et orchestre d'enfants, opus 59, 1958 (45 ans)
  • Death in Venice (Mort à Venise), Opéra en deux actes, opus 88, 1973 (60 ans : un an avant son décès).

Salve Regina

Le Salve Regina est l'un des cinq antiphonaires consacrés à la Vierge Marie dans la religion catholique : le Magnificat, chant de joie à Marie de l'Annonciation - Mon âme magnifie le Seigneur ; le Stabat Mater, chant de détresse de la Mère au pied de son Fils crucifié - Debout, la Mère de douleur, se tenait en larmes près de la Croix ; le Regina Caeli, chant d'espérance en la résurrection du Fils - Reine du Ciel, réjouissez-vous ; l'Ave Maria, prière des chrétiens à leur Mère - Je vous salue Marie ; le Salve Regina, salutation à la Vierge - Salut, ô Reine de Miséricorde.

Vitrail à la ViergeCette antienne, en premier mode ou mode de ré, est chantée notamment à la fin de l'office de Complies. Sa ligne mélodique se singularise par le grand nombre de disjonctions qu'elle renferme, ainsi que par son ambitus très étendu (une 11ème, du la grave au ré aigu).

Le motif initial descendant qui orne le mot Salve pourrait être la traduction musicale d'un geste de salutation. Quant à son origine, elle remonte au Moyen-Age : plusieurs noms d'auteurs sont avancés, dont aucun ne s'impose avec certifude : entre autres, Hennannus Contractus, à qui on attribue également l'Alma Redemptoris Mater. L'accent de tendresse imprégnant les trois acclamations finales : O Clemens, O pia, O dulcis, serait une adjonction postérieure de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), fondateur de l'ordre des cisterciens.

C'est au service de la musique vocale que les plus grands compositeurs ont servi ce superbe texte, pour choeur à plusieurs voix ou pour voix solistes, ils ont été nombreux à être inspirés par cette antienne. Citons par ordre chronologique : à la Renaissance, Josquin Des Prez, Ockeghem et Monteverdi ; à l'époque baroque, Scarlatti en Italie et Lully à la cour de Louis XIV ; à l'époque classique, Haydn qui utilisera le choeur pour répondre à la voix de soprano soliste, et son élève Neukomm qui l'harmonisera pour choeur de femmes ; les romantiques se pencheront dès leur plus jeune âge sur cette pièce, Schubert à 17 ans produit une version pour choeur à 4 voix mixtes, et Mendelssohn opte dès 15 ans pour une version pour soliste. Rossini recherche quant à lui la vocalité, au contraire de Liszt qui, un an avant sa mort, accentue le côté spirituel de la prière en confiant au choeur sans accompagnement, la lourde tâche de traduire sa foi. Au XXème siècle enfin, Poulenc donnera son interprétation musicale de ce merveilleux texte.

Le Salve Regina a été maintes fois paraphrasé aussi par les organistes du XVIème siècle pour les besoins du service liturgique. L'emprunt peut se limiter au motif initial comme dans le Tiento du 1er ton d'A.de Cabezon ou le Salve de S. Aguilera de Heredia. Citons également, à l'époque moderne, le Carillon-paraphrase figurant dans l'Office n°35 (Assomption) de l'Orgue mystique de Tournemire, ainsi que les pharaphrases chorales de Falla (Atlantida) et de Langlais (Missa Salve Regina - 1954).

Il existe une autre mélodie du Salve Regina en 5ème mode, quasi syllabique. C'est une composition en plain-chant musical, apparue vers 1600 à l'Oratoire de Paris.

TRADUCTION
Salut à Toi, Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre douceur et notre espérance, salut à Toi. A Toi nous crions, nous, exilés, fils d'Eve. Vers Toi nous soupirons, gémissant et leurrant dans cette vallée de larmes. Ah, notre Avocate, tourne vers nous tes yeux, ces yeux pleins de miséricorde. Et Jésus, fruit de ton sein, fais que nous le contemplions au terme de notre exil. O clémente, ô pieuse, ô douce Vierge Marie.

Valérie Josse. Sep 2003

Famille Bach

Compositeurs de la famille BACH ayant vécu avant Jean-Sébastien

Johann 1604-1673

Grand oncle paternel de Jean-Sébastien, il épousa Hedwig Lämmerhirt dont la famille était appréciée pour ses qualités musicales et sa foi profonde. L'apport de cette famille est de première importance pour le caractère des Bach. Il fonde la lignée d'Erfurt.

Unser Leben ist ein Schatten, double choeur, 9 voix mixtes
Ce premier motet « Notre vie est une ombre sur terre », évoque les constantes dans la composition des Bach : un sens mystique profond, exprimé par la couleur des dispositions vocales ou instrumentales, une forme très élaborée, jamais descriptive au sens romantique, mais toujours suggestive pour soutenir les mots et leur émotion retenue. Chef d'oeuvre de délicatesse, traité dans l'espace avec un choeur caché, ce motet exprime la condition humaine avec une rare poésie.

Johann Christoph 1642–1703

Le plus important Bach avant Jean-Sébastien, 1er neveu de Johann. Organiste à Eisenach, il y reste toute sa vie, toujours en conflit avec les notables de la ville, ses employeurs. Il eut quatre fils musiciens répartis dans toute l'Europe.

Fürchte dich nicht, choeur à 5 voix mixtes
« Ne crains rien, car je t'ai sauvé et tu es à moi » marque le génie du compositeur par la force d'expression de ce motet.

Johann Michael 1648–1694

Frère du précédent, il s'établit à Gehren comme organiste mais meurt prématurément, laissant cinq filles dont Maria-Barbara, la future épouse de Jean-Sébastien : c'est donc le beau-père du Cantor.

Nun treten wir ins neue Jahr, choeur alterné pour fêter l'An neuf « Ainsi nous entrons dans l'année nouvelle ».

Jean-Sébastien BACH 1685–1750

Formation à Eisenach, Ohrdruf (chant, théologie, violon, clavecin, orgue), Lüneburg, visites à Celle (musique française) et Hambourg (Reinken, organiste). Organiste à Arnstadt (séjour à Lübeck, Buxtehude), à Mühlhausen (mariage avec Maria-Barbara), à Weimar (également violoniste et puis Konzertmeister), directeur de la musique à Cöthen (mariage avec Anna-Magdalena), puis Cantor à Leipzig.

Jean-Sébastien BachKomm, Jesu komm, un des six chefs d'oeuvre composés par le plus connu de toute la famille.
Lorsque Jean-Sébastien Bach prit possession de son poste à Leipzig, en 1723, l'apogée du motet allemand appartenait au passé. Bach voyait pourtant en lui une forme de la plus pure spiritualité dans laquelle il a su mettre pleinement en oeuvre ses capacités déclamatoires et rhétoriques. Dans ces poèmes de foi, on sent poindre l'admirateur de Josquin des Prés, de Roland de Lassus et de Palestrina dont les voix de l'Ensemble Vocal s'étaient fait l'écho dans la programmation précédente.
Lié à la Parole qu'il a assimilé au prix d'une persévérante réflexion théologique, « Viens Jésus, viens » véhicule la profession de foi du Cantor que l'on pourrait résumer à cette préface de l'Orgelbüchlein: « A Dieu tout Puissant, pour l'honorer, à mon prochain, pour l'instruire ».

Les fils de Jean-Sébastien BACH

W. Friedemann 1710-1784

Fils le plus âgé de Jean-Sébastien Bach et Maria-Barbara Bach, élève de son père, il préfère écrire la musique instrumentale à la musique vocale.

Kein Hämlein wächst auf Erden, duo pour voix d'hommes et basse continue, loue le Seigneur qui permet à chacun de faire croitre sa foi.

Carl Philipp Emanuel 1714-1788

Second fils de Jean-Sébastien Bach, il est l'un des fondateurs du style dit « classique ».

Die Menschenliebe Jesu, duo pour voix de femmes et basse continue salue « la Bonté de Jésus ».

Johann Christoph Friedrich 1732-1795

Il est le 3ème enfant du second lit, dont la mère est Anna-Magdalena. Au service de la cour de Bückeburg, il poursuit la tradition familiale, stable au milieu d'une époque bouillonnante, parfois un peu « à l'ombre » de Carl Philipp Emanuel.